Aïn-EL-Turck La Plage

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La Grotte du Curé

Les légendes


ou
La Cueva del Cura



Situation : Djebel Santon, versant nord. Territoire de Mers-El-Kébir, à 200 mètres de celui d'Aïn-El-Turck. L'ouverture de la Grotte du Curé est au niveau du sol, profonde de quelques mètres, elle ne présente pas de stalactites.


Légende : Un pauvre espagnol et sa chienne, douce et fidèle, avaient élu domicile dans une excavation de la montagne du Santon, à l'époque où les drapeaux de Castille et Leon flottaient sur Mers-El-Kébir et Oran. Avec le palmier-nain qui croissait sur la montagne, ce brave homme fabriquait des balais, qu'il allait vendre aux troupes d'occupation. La vente, peu fructueuse, suffisait juste à le faire vivre.


Donc, tous les matins, il quittait son humble demeure, fermée par une dalle, emportait son dîner froid et, jusqu'à la tombée de la nuit, il aurait pu donner à ses concitoyens l'exemple du plus grand labeur s'il n'avait vécu en anachorète.

Un beau jour, son dîner disparut. Un chacal ou toute autre bête malfaisante s'en serait-il emparé ? La chienne pourtant, si bonne gardienne, aurait aboyé ! Bah ! se dit-il, après réflexion, elle aura suivi la trace d'un lièvre, pendant ce temps le voleur aura fait son coup.

Le lendemain, le dîner disparaissait encore ; le surlendemain également. C'en était trop. "Je pincerai bien le voleur, dit-il" et sans plus tarder, il coupa dans le djébel une solide trique de zebboudj, puis au petit jour, caché derrière un lentisque, il attendit...

Un bruit de branches secouées, d'un corps qui se faufile entre les touffes d'épine éveillèrent son attention. Lentement, il sortit la tête du fourré et il vit sa chienne, sa propre chienne, emportant le couffin dont il avait lui-même tressé les nattes...

"Sangre de Dios ! Pera, ven aqui !" Mais, pareille au chien de Jean de Nivelle, la chienne continua son chemin ; l'homme se mit à sa poursuite. Sur le point d'être atteinte, elle se retourna, le regard terrible, prête à bondir. Stupéfait, le maître fit un pas en arrière, la chienne en profita et, tenant toujours le couffin à la gueule, elle redoubla de vitesse, franchissant les buissons, toujours suivie par le maître furieux. Enfin, elle s'arrêta et, au moment où la matraque se levait sur elle, d'une grotte, que l'espagnol ne connaissait pas encore, sortit un curé, taillé en athlète et dont l'œil fixe semblait le méduser.

Pris d'une terreur indescriptible, il lâcha le bâton et, se retournant brusquement, livide, tremblant de tous ses membres, la poitrine oppressée, descendit à grandes enjambées la pente raide du ravin.

L'apparition, toujours immobile devant la grotte, le bras droit tendu vers l'Occident, suivait cette silhouette dont la frayeur décuplait la vitesse et qui ne formait déjà plus qu'une tache se réduisant à vue d'œil, là-bas, au loin, dans la plaine d'Aïn-El-Turck.

On n'entendit jamais plus parler du marchand de balais et de sa chienne, ni du curé, fantôme mystérieux de cette grotte séculaire. la "cueva" existe toujours, la "Cueva del Cura", et le soir, à la veillée, les aïeuls racontent en tremblant l'histoire de la grotte avec un tel accent de sincérité que si jamais vous voulez prendre pour guide un espagnol ou un arabe, ne soyez pas étonné qu'il vous réponde : "Je n'y rentre pas !" Demandez-leur pourquoi, ils vous diront d'un air ingénu : "C'est pas bon d'entrer là, il y a des choses !" ...


Les légendes
Mis à jour le 25/05/2017
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