Aïn-EL-Turck La Plage

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Son origine

L'Amicale Aïn-el-Turckoise



2, 3, 4 juin 2001



A la Pentecôte 2001 ont eu lieu, aux Cyclades à La Grande-Motte, à l'instigation de Robert Costa, les premières "retrouvailles", comme on l'imagine, chargées d'émotions, des anciens Aïn-El-Turckois qui, pour la plupart, s'étaient "perdus de vue" depuis 1962...


"Perdu de vue c'est fini "


"L'Office Régional de la télévision Aïn-El-Turckoise vous remercie de votre présence et a le plaisir de vous présenter ce jour et pour la première à La Grande Motte la nouvelle émission conçue, produite et réalisée par Robert Costa : "Perdu de vue c'est fini". Cette émission sera aussitôt suivie par la série bien connue : "Des racines et des ailes". Pour les racines, Dieu merci, ça va mieux ...

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, chers amis d'Aïn-El-Turck,  Anciens de la Jeunesse Sportive Aïn-El-Turckoise,

Nous voici réunis, ici, ce soir, grâce à l'initiative et aux efforts incessants de notre ami Robert. Merci Robert... Mille fois merci. Merci de nous avoir réunis, car ce soir nous sommes heureux d'être là tous ensemble, reliés par le cordon indéfectible de nos souvenirs, unis par une même émotion, car ce soir nous sommes frères, nous sommes sœurs, nous sommes de la même famille, et cela beaucoup grâce à toi.

Mes amis, pour Robert un triple ban : hip, hip, hip, hourra...

Je me souviens des jeux que nous avons partagés quand nous étions enfants :

  • Les jeux de billes, Les binagates comme nous disions dans notre pataouète.

  • Les toupies à qui nous coupions la queue pour qu'elles tournent plus vite.

  • Les noyaux d'abricots, les pignols et les jeux de la mère et du petit tas.

  • Les carricos à la rampe Saint-Maurice.

  • Les cerfs-volants, les bilochas, le barrilété, le bacalao.

  • Les cartelettes qu'il fallait rabattre d'un coup avec la paume de la main.

  • Le pitchak que nous fabriquions avec une pièce trouée et du papier sulfurisé, avant d'utiliser les rondelles de caoutchouc récupérées sur les bouteilles de bière BAO.

  • Les capsules de soda transformées en champions cyclistes.

  • Les vers à soie, les cocons, la collecte des feuilles de mûriers, sur la route de Bou-Sfer. Tu t'en souviens, Gérard ... Tu t'en souviens Robert ?


Je me souviens de la chasse aux moineaux. De la glue, faite avec nos vieilles semelles de.crêpe que nous mettions sur les branches d'arbre pour piéger les moineaux, du filet qu'on rabattait sur l'oiseau apeuré.
Du stack avec le manche d'olivier, l'élastique gris carré, si précis que les gardes mobiles s'en souviennent encore...


Je me souviens des moments de pêche, des vers que nous trouvions en creusant le sable de nos plages. Du bleu de zinc pour faire sortir les vers des rochers.
Du Cap Falcon et des journées de pêche aux oursins.
De la pêche à la fouine le long de nos plages.

Des Habibas.
De Paradis-Plage et son Casino.
Du stand Gasquet et ses animations.
De la pinède et de ses fêtes.
Des paëllas chez Castang aux Corallettes.
Des gaspachos géant chez Lulu et José.

Du sable doré de Saint-Germain.
Des dunes de Bomo Plage.
De la maison sur pilotis.
Du boulich d'Alarcon rempli de poissons frétillants que nous aidions à tirer sur la plage.
Du "Lampo" Parodi.

Je me souviens d'Aïn-El-Turck, de notre belle mairie toute blanche.
De notre église qui s'appelait l'église des saintes Perpétue et félicité.
De son curé l'abbé Vergne et sa baguette de bambou avec laquelle il nous châtiait, de  l'abbé Lamour et de madame Adam, qui le suivait partout...

Du docteur Ceaux, décédé en Espagne, il y a peu.
Du dentiste Vassas qui nous faisait si mal et de l'odeur persistante du clou de girofle.
Du pharmacien M. Jobard qui l'était vraiment au point de mettre sa blouse en oubliant de mettre son pantalon, de son successeur M. Duval.
D'une dame un peu sorcière qui nous enlevait le soleil à distance quand nous avions une insolation.

De Julien le forgeron qui gardait collée au mur la photo de son sosie le boxeur Marcel Thil. De l'odeur du fer et du feu qu'il savait faire jaillir de son soufflet de cuir, et de la fumée qui sortait de la corne du sabot des chevaux qu'il ferrait.

Du tabac presse de Mme Agullo où nous achetions nos premières bandes dessinées : Blek le Roc, Tarou, Kit Carson, le petit shérif dont je ne me souviens plus le nom, les Pieds nickelés, Bibi Fricotin et tant d'autres...

De nos premières revues montrant des femmes nues au pubis blanchi par la censure et que nous regardions avec des lunettes spéciales pour voir leurs seins en relief...Vous vous souvenez c'était "Paris Hollywood".

De nos premières cigarettes : les Golden, les flores du Brésil, les brasilénias, les crèmes d'herbe divine de la Veuve Berthomieu, les Bastos extras fines, les Mélias au goût de sucre et tant d'autres...

Je me souviens d'Adrien qui nous faisait découvrir le cinéma et qui savait construire de magnifiques crèches de Noël.
De ses grimaces quand il poussait son dentier hors de sa bouche.
De Zorro en 6 épisodes, de Tarzan et de Chita, d'Hopalong Cassidy,  le dernier des Fédérés et de son cri de guerre "Ayousiyoumbéééé", de Laurel et Hardy, de But Abot et Lou Costello.
Et des 2 orphelines qui nous arrachaient des torrents de larmes.
Des cinémas en plein air : l'Olympic et le Neptune de Joachim DOMINGUEZ et de sa femme au volant de leur voiture fusée faisant la publicité du prochain film en plein air au Neptune ciné.
Le premier cinéma au monde avec des jets d'eau multicolores qui jaillissaient de la scène sur un air de valse de Vienne.

Je me souviens de nos maître d'école : M. RUEDA qui nous tapait sur les doigts avec sa règle en ébène et qui nous lançait des balles de tennis pour nous faire taire, de M. MARTINEZ qui nous apprenait à écrire en script et qui aimait tant la couleur verte : tableau vert, encre verte, pots de fleurs verts et dont nous conservons tous un souvenir extraordinaire, de Mme et M. GIMENEZ, notre directeur d'école.
Je me souviens de M. GERARD, le professeur miracle, qui venait d'on ne sait où, et de sa personnalité on ne peut plus mystérieuse.

Je me souviens des vieux cars de la S.O.T.A.C. : "Société Oranaise des Tapettes A Crédit" remplis à craquer, que nous empruntions chaque jour pour nous rendre à Oran, de ses chauffeurs : le grand CHARLOT, le petit LOPEZ, le gros LASRY.
De notre belle corniche, du Rocher de la Vieille, du tunnel, du virage de l'Escargot.
De ma jolie mobylette Sterling que j'ai vendue à mon ami Claude, ici présent et qui ne me l'a pas complètement payée. On réglera ça tout à l'heure quand on sera dehors...
Des belles Vespa, des moins belles Lambretta, des très laids Terrot et des premiers Rumi au bruit strident.

Je me souviens de la fête des vendanges, de la place du village et ses lauriers roses.
De mes premiers bals animés par les grands orchestres de Benny Benett et de Perez Prado. De Bill Haley, de Rock around the clock, des Platters, aux arènes d'Oran, de Only you, de James Dean dans la Fureur de vivre, de nos jeans et de nos souliers pointus, de nos premiers flirts...
Du cirque Antonio, de son lion célèbre venu du Grand Atlas et qui n'avait qu'un œil, du Gitano Blanco, d'El Gallo.

Je me souviens de l'hôtel Saint Maurice et de ses hôtes célèbres : Georges Descrières, Sacha Distel, Maria Pacôme, Yves Saint-Laurent et surtout la belle Coccinelle et Bambi, les premiers transsexuels qui se produisaient à Oran et à Canastel, et tant d'autres...

Du magasin de ma mère qui vendait de tout en vrac, de la droguerie, quincaillerie, parfumerie, articles de pêche, de ménage, de la vaisselle, des postes T.S.F., des premiers transistors aux piles énormes, des bouteilles de gaz que mon père mettait sur l'épaule pour aller les installer avant d'acheter sa 2CV.
Je me souviens que nous "faisions le boulevard" après avoir passé l'après-midi à la plage, bronzés, les cheveux plaqués à la Gomina, parfumés à l'eau de Cologne que ma mère vendait au détail. Des filles toutes plus belles les unes que les autres qui croisaient nos pas en évitant nos regards, oui c'est bien vous "les filles de mon village".

De nos cafés : le célèbre café CASTANG, le café IVANES, son flipper et son billard, le café l'EMILION et sa table de ping-pong, du très beau PALM-BEACH et de ses terrasses où nous nous retrouvions le soir pour déguster une tonne de moules, de frites ou d'escargots. De l'odeur de merguez, des brochettes de cœur et de foie ou de rate farcie, "la melsa".

Je me souviens de LOUISA la tremblante qui dessinait des femmes nues sur des petits papiers.
De nos gardes champêtres, M. MARCOS et son tambour, à qui nous lancions "Avis aux chiens qui pissent et à la population" et CHAIB, notre shérif, du cycliste KADER qui réparait nos vélos, du gitan qui rénovait les matelas...
De nos amis d'enfance Algériens ou Marocains qui ont eu les mêmes maîtres que nous et que nous retrouvons sur les photos avec M. RUEDA ou MARTINEZ.
De GUSTINO, l'homme le plus fort du village qui levait une 4CV sans cric pour changer un pneu crevé.
Je me souviens de nos mariages à coup de klaxons. De nos enterrements avec le cheval, les pompons, le curé et les enfants de chœur.

Je me souviens de 58 et d'un moment de joie intense vite gâchée par la Grande Zorra.
Je me souviens du conseil de révision et du bordel de la rue de l'Aqueduc.
Je me souviens du référendum et des oui sur des crânes rasés.
Je me souviens des manifs à Oran.
Je me souviens des C.R.S., des Gardes Mobiles avec leur cape rouge.
Je me souviens de la P.J., rue Philippe et de ses cellules.
Je me souviens d'Arcole, de ses hangars surchauffés.

Je me souviens comme vous de mes parents et des vôtres.
Eux qui ont vraiment tout perdu.
De ceux qui aujourd'hui ne sont pas là et que nous avons aimés.
De ceux qui nous ont donné nos valeurs et l'aptitude à lutter.

Nous étions des Français d'Algérie.
Nous pouvons être fiers de notre parcours.
Aujourd'hui nos enfants sont les français de France.
La page est tournée, le passé nous appartient, l'avenir est à eux.

Ce week-end est le premier week-end de pentecôte du troisième millénaire.
Il nous reste 999 week-ends de pentecôte à vivre ensemble. Longue vie à tous et merci encore à Robert de nous avoir réunis.

Bon séjour à la Grande Motte ! "

Jean-Louis Paumond (Pentecôte 2001)







Lors de cette rencontre, pleine de rires et de larmes, ont été posées les bases de notre association, l'Amicale Aïn-El-Turckoise.



"Les retrouvailles 2001 ont été un succès. Il y a eu beaucoup de joies et surtout d'émotions. Pour une première, nous étions 280.

Le Comité Directeur réuni à Marseille le 16 septembre a décidé de renouveler cette manifestation les 18, 19 et 20 mai à La Grande Motte pour les retrouvailles :

Pentecôte 2002 ( 1962 - 2002 = 40 ans déjà !!! ).

Un bulletin de liaison sera édité semestriellement et intitulé : "La lettre d'Aïn-El-Turck" qui comporterait :

-Une chronique ( mariages, naissances, décès etc ... )
-Histoires, Photos, Documents, Poèmes
-Publicité intéressant nos adhérents
-Page ludique éventuellement.

Nous recherchons le blason du village d'Aïn-EL-Turck qui pourrait servir de logo.

L'annuaire d'Aïn-EL-Turck sera édité annuellement mais, il faut continuer de me communiquer l'adresse de vos proches.

Une vidéo de " Pentecôte 2001 " sera projetée.

Amitiés."

Robert





La Grande Motte
Mis à jour le 25/05/2017
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