Aïn-EL-Turck La Plage

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Année 2012

L'ANCIEN LIVRE D'OR


(Ce dernier message du 5 février 2012 constitue la fin du premier Livre d'Or)


Dimanche 5 février 2012, à 07H23
Message de rené Montaner

Mais quelle est donc cette écriture mystérieuse qui s’affiche depuis peu sur nos écrans ?
Il faudrait s’appeler Champollion pour pouvoir la déchiffrer.
En attendant de pouvoir percer ce mystère, on aimerait bien que quelqu’un éclaire nos lanternes...



Vendredi 13 janvier 2012, à 22H44

Message de rene.montaner

Des Voeux ...et une Valise de Souvenirs
Difficile de présenter nos voeux de bonne et heureuse Année 2012,sans nous souvenir qu’il y a près de 50 ans,le vent de l’histoire...celle qui s’écrit avec un grand H...nous a rendus à jamais orphelin de la terre où nous sommes nés.
Non!
... nous ne pourrons jamais oublier le parfum des lauriers roses qui fleurissaient la place principale du village.
...nous ne pourrons plus jamais nous asseoir en groupe,avec parents et amis,devant le seuil de nos maisons et écouter nos anciens nous raconter des histoires venues du Sud de l’Espagne ou du Nord de L’Italie...
...nous ne pourrons plus jamais encore,goûter à ce plaisir simple de ’ prendre le frais ’ en prêtant l’oreille aux contes que mon cousin ’ Jojo Botella’ nous racontait avec beaucoup d’humour ,sachant s’arrêter au bon moment,de telle façon qu’il était à peu près certain de nous retrouver le lendemain soir,assis à la même place ,afin d’en écouter la suite.
Même Shéhérazade n’aurait pas mieux fait!
Non!
...nous ne pourrons plus jamais nous amuser à compter le nombre de tours rapides que faisait le rayon lumineux du phare du Cap Falcon pour se signaler aux navires côtiers ( il me semble qu’il y en avait cinq) avant de s’en aller ’faire le grand tour’ afin que les bateaux plus lointains puissent l’apercevoir et poursuivre leur route maritime...en toute sécurité.

( lire la suite,ci-après)



Vendredi 13 janvier 2012, à 21H55
Message de rene.montaner

( Suite de la partie 1)

On pourrait longuement poursuivre la liste de tous ces petits tableaux de la vie du village en reparlant des séances de rasage chez le coiffeur où les hommes aimaient à se retrouver pour échanger les dernières nouvelles ou encore évoquer les promenades que nous faisions devant les beaux cafés où la clientèle était surtout composée de touristes et de baigneurs venus d’Oran.
Ah!...comment voulez-vous que nous puissions oublier toutes ces petites histoires ...comme celle de mon Grand-père Vincent Mengual qui,un beau matin de l’année 1910,décida de quitter Aïn el Turck avec toute sa famille ( quatre filles et un garçon) pour courir une nouvelle aventure au Brésil!
l’immigration vers ce pays était alors très forte car les nouveaux arrivants bénéficiaient de grandes propriétés agricoles.
Tout se passa bien pour lui durant les quatre premières années de son séjour.La culture du coton,du tabac et du café lui assurait un revenu substanciel qui lui permettait d’envisager un avenir florissant.
L’ennui,si je puis dire,c’est que parmi ses quatre filles,
ma tante Thérèse qui était la deuxième dans la lignée,était la seule à savoir lire et écrire.
c’est elle qui entretenait une corrrespondance assez régulière avec le reste de la famille restée à Aïn el Turck.
Par la même occasion,elle écrivait secrétement,quelques billets doux à un garçon du village qui s’appelait Sauveur Vasquez ( alias Salvoret) qui devint quelques années plus tard son époux. Son coeur était donc resté au village...
Comme ,par ailleurs,elle avait une grande influence sur sa mère,elle lui fit admettre que la culture du coton qui représentait plus de la moitié de leur production,était trop pénible pour des filles et que finalement, la vie était bien plus douce sur les rives de la Méditerranée.

( lire la suite, ci-après)



Vendredi 13 janvier 2012, à 21H19
Message de rene.montaner

( suite de la partie 2 )

Lorsqu’il fut informé de leur souhait, mon Grand-père pris la chose de forte méchante manière.Toutefois,il comprit très vite qu’il ne viendrait jamais à bout de la ténacité de ses cinq femmes qui se montraient chaque jour,plus déterminées dans leur désir de retourner vivre au village.
Las de voir que ses enfants et son épouse étaient en définitive, pas heureux de vivre dans ce pays de cocagne,il finit un jour ,par leur dire ceci:
’- Ecoutez moi bien...
Demain matin, je vais me rendre au marché de San Paulo ( Sao Paulo)par l’autobus de 8 heures.
Je dois rencontrer les marchands de coton afin de négocier avec eux,un nouveau contrat pour les années à venir.
Si,par malchance,je n’arrive pas à le vendre à un prix raisonnable,et à conclure avec eux un bon accord pour les prochaines récoltes,je prendrai alors une grave décision.’
Marquant alors une pause pour bien accentuer son effet d’annonce,il ajouta enfin :
’ - Surveillez bien demain, le retour de l’autobus de Sao Paulo qui arrive à 18 heures.
Si vous me voyez en descendre avec une valise à la main alors...ce sera le signe que nous repartons dans notre pays !...’.
Je vous laisse facilement imaginer la suite de l’histoire et la joie quasi-générale qui s’empara de toute la maison,lorsque la fameuse valise descendit de l’autobus !
Je crois cependant que,seule ma mère quitta le Brésil à regret car elle trouva que les garçons et les filles ,issus pour la plupart d’entre eux de métissages réussis ,avaient une couleur de peau ’ café au lait ’ qui semblait mieux encore,mettre en valeur leur gentillesse et leur politesse.
Elle avait aussi beaucoup aimé leurs goûts culinaires ,leur musique,leurs chansons et les rythmes de leurs danses qui les rendaient si joyeux et si attachants.
Ah!...il m’est arrivé de rêver au pays du café, du Foot- ball bien sur et de me demander si le destin n’aurait pas mieux fait de me faire naître...danseur de Samba,joueur de Foot-ball ou enfant de Favelas !
Au bout du compte,je crois bien que j’ai été très heureux de naître autour de cette petite place Kléber de la Marine Oranaise car ,pour moi, elle vaut bien ...le prestigieux ’ Pain de Sucre ’ de Rio !!

( voir suite et fin ,ci-après)



Vendredi 13 janvier 2012, à 19H04
Message de René MONTANER

( suite et fin).

Alors...on comprend un peu mieux pourquoi,dans la Saga des Pieds-noirs,il y a souvent des histoires de valises,de bateaux et de ports...qui hantent nos mémoires!
Nul doute que cette année 2012 sera pour nous tous celle du souvenir ,celle de la douleur que nous ressentons encore,au plus profond de Nous,lorsque nous pensons ou que nous parlons de l’endroit où nous sommes nés.
Nos pensées et notre reconnaissance vont vers toutes celles et ceux qui,au péril et parfois même au prix de leur vie,ont su résister et se battre afin que leurs enfants puissent rester attachés aux valeurs de la France...
Voilà sans doute pourquoi...en ce début de l’été 62...nous avons pris encore une fois notre valise...pour un long voyage qui dure depuis 50 ans ...déjà!
Permettez-moi enfin et malgré tout ,de vous souhaiter la plus douce et la plus paisible des années qu’il soit...en espérant que vous vous porterez bien...jusqu’à nos voeux de l’an prochain.

René Montaner-Mengual


Ps:
merci d’avance à toutes celles et tous ceux qui,en répondant comme je le fais moi-même ce soir,à l’appel du Président de l’Amicale: Robert Costa,et en écrivant quelques lignes sur le livre d’Or...maintiendront toujours vivant ,ce lien fraternel qui nous rassemblent et nous unit.
Ce geste sera aussi le meilleur témoignage de notre reconnaissance et de notre hommage à l’enfant du village d’Aïn el Turck: le regretté Jésus Blas ,qui fut le concepteur et le réalisateur de ce site.


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L'ancien Livre d'Or
Mis à jour le 25/05/2017
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