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Le nom d'Algérie

Historique

Origine du mot "Algérie"


Le nom d'Algérie correspond à un pays immense (le deuxième de l'Afrique par la taille), pays au moins dix fois plus étendu que le territoire sur lequel s'étendait l'autorité du dey de l'ancienne Régence en 1830, date de l'intervention française. Pour les géographes arabes du Moyen-âge, seule existait "l'île du Couchant" (djeziret el Maghreb), ensemble montagneux, forestier et steppique de l'Atlas, isolé entre, d'une part, l'Océan Atlantique et la Méditerranée et, d'autre part, les vastes étendues, monotones et désertiques, de ce qu'on nomme actuellement le Sahara septentrional.

Le mot "Maghreb" a la même étymologie que le mot "Maurétanie" désignant le pays du couchant, de l'occident par rapport au lieu saint de l'Islam, La Mecque.

Appelée concomitamment ou successivement tout au long des siècles "Maurétanie", "Berbérie" (de Berbères), "Barbarie" (qui donnera Barbares), la fraction de cette île du couchant, l'Algérie du nord, n'avait pas de nom particulier avant de devenir au XVe siècle, avant l'installation des Turcs, la Régence d'Alger, domaine politique aux limites assez floues.

Pour les Français qui s'y établissent à partir de 1830, elle ne prend que progressivement une nouvelle identité. Dès 1831 cependant, le mot "Algérie" apparait à deux reprises dans l'ordonnance royale du 1er décembre créant une intendance civile. Mais on parlait toujours de l'ancienne Régence ou des Possessions françaises dans le nord de l'Afrique.

Après les travaux de la Commission d'Afrique, fut publiée l'ordonnance du 22 juillet 1834, préparée par le Maréchal Soult en tant que Président du Conseil et qui instituait le régime des "Possessions françaises dans le nord de l'Afrique (ancienne Régence)". Pour l'anecdote, Adrien Berbrugger, rédacteur en chef du Moniteur Algérien de 1835 à 1837, fut blâmé par le ministre de la Guerre pour avoir remplacé par "Algérie" la périphrase officielle "Possessions françaises dans le nord de l'Afrique".

C'est un texte fondamental dans lequel on a vu l'acte de naissance du pays. Le commandement militaire et la haute administration étaient confiés à un gouverneur général qui, sous le contrôle du Ministère de la Guerre, disposait de toute l'autorité, prenant seulement l'avis du conseil composé des plus hauts fonctionnaires. De plus, décision très importante pour l'avenir, il était précisé que : "Jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, les possessions françaises dans le nord de l'Afrique seront réglées par nos ordonnances".

En effet, c'est bien la France qui a donné son nom et ses frontières à ce territoire appelé "Oulayat el Djézaïr" (régence d'Alger) par les Turcs, alors que précédemment, il ne constituait pas une entité bien claire pour ses habitants relativement peu nombreux (moins de 3 millions). Et c'est le 31 octobre 1838, que pour la première fois, l'appellation officielle "Algérie" parait au Bulletin des lois n° 609 (ordonnance du Roi des Français n° 7654 sur l'administration civile de l'Algérie) ne faisant que légaliser un terme fabriqué par la langue française où il commence à avoir valeur d'usage.

Depuis cette ordonnance d'ailleurs, tous les documents officiels emploient le terme "Algérie". Ce dernier ne fait que souligner l'appellation légale comme un rappel à l'ordre pour l'Administration, le texte du Journal Officiel ayant été signé un an plus tôt.

Le 29 décembre 1840, Bugeaud est encore nommé Gouverneur Général des Possessions du nord de l'Afrique et ne reçoit le titre de Gouverneur Général de l'Algérie que le 15 avril 1845.

Le mot Algérie désigne alors la partie septentrionale, conquise par la France, à l'exclusion du Sahara algérien (tel qu'on le définit actuellement) dont la soumission restait à obtenir.

Sources : Histoire de l'Algérie de X. Yacono et notes de J.-F. Paya


Lettre du Général SCHNEIDER, Ministre, Secrétaire d'Etat à la guerre, en date du du 14 octobre 1839 au Maréchal VALEE, Gouverneur Général, confirmant l'appelation "Algérie".

Lettre originale

Déchiffrage de la lettre

Paris le 14 octobre 1839


"Monsieur le Maréchal, jusqu'à ce jour, le territoire que nous occupons dans le Nord de l'Afrique a été désigné, dans les communications officielles, soit sous le nom de Possessions françaises dans le Nord de l'Afrique, soit sous celui d'Ancienne Régence d'Alger, soit enfin sous celui d'Algérie.

"Cette dernière dénomination plus courte, plus simple et en même temps plus précise que toutes les autres, m'a semblé devoir dorénavant prévaloir. Elle se trouve d'ailleurs déjà consacrée par une application constante dans les documents distribués aux Chambres législatives et dans plusieurs des discours du trône. Je vous invite en conséquence à prescrire les mesures nécessaires pour que les diverses autorités et généralement tous les agents qui, à un titre quelconque, se rattachent aux services civils ou militaires de notre colonie, aient dans leur correspondance officielle, et dans les actes ou certificats quelconques qu'ils peuvent être appelés à délivrer, à substituer le mot Algérie aux dénominations précédemment en usage.
"Recevez, Monsieur le Maréchal, l'assurance de ma très haute considération.
                                                             

Le Ministre Secrétaire d'Etat de la Guerre


M. le Mal Valée, Gouverneur Général de l'Algérie.


Mis à jour le 10/08/2017
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