Aïn-EL-Turck La Plage

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Etat des lieux en 1831

Aïn-El-Turck dans le passé

Aïn-El-Turck dans le passé


D'après la monographie réalisée en juillet 1914
par Monsieur F. Blanché, Directeur de l'école d'Aïn-El-Turck,

(Pour consulter la monographie dans son intégralité, cliquez ci-dessus)

D'après certains articles de la "Revue Africaine" 1856-1938,

D'après certaines informations et photos trouvées sur Internet,

D'après des souvenirs personnels,

Adaptation libre et personnelle de Bahri El Fegir





Quelle était la physionomie, l'aspect général de la région d'Aïn-El-Turck en 1831 ?

Cette plaine qui s'étendait de St-Roch aux Andalouses était appelée par les autochtones : la Plaine d'El Eurfa qui signifie : le plateau (lieu élevé, hauteur) en arabe.


Les voies de communication

En 1831, la zone où va être construit le village est une sorte de cul-de-sac à l'écart du seul grand axe routier (qui était plutôt un chemin) qui reliait les Andalouses à Mers-El-Kébir et Oran via Bou-Sfer, la Route des Crêtes. Une bifurcation à partir d'Aïn-Khadidja, très caillouteuse, et une autre plus loin, que l'on appellera plus tard la Route du Poteau, rejoignaient Aïn-El-Turck au niveau de la place du Sud, le village Naqous ainsi dénommé en arabe à cause des cloches de la première église, l'Eglise St-Antoine-de-Padoue (naqous signifiant cloche, clochette, sonnette en arabe).

Il existait cependant de très nombreux autres chemins qui reliaient le village de St-Roch, au Cap Falcon, au Coralès, aux Andalouses, à la Daya et au Marabout Sidi Bel Kheir, à Bou-Sfer.

Il serait logique de penser que la voie maritime ait pu être utilisée pour des liaisons avec Oran et Mers-El-Kébir comme il existait (c'est certain) des liaisons maritimes entre ces deux villes lorsqu'elles n'étaient pas en guerre. On sait seulement que les troupes turques, lorsqu'elles venaient lever l'impôt à Aïn-El-Turck, utilisaient la voie maritime.


Populations


Au fil des siècles, cette plaine d'El Eurfa se dépeupla de façon importante. Deux types de population y vécurent et cohabitèrent :

  • D'une part, des populations nomades qui, pratiquant la transhumance, divaguaient entre les plaines d'El Eurfa, de Bou-Tlélis et de Misserghin. Sauf cas exceptionnel, ils n'allaient pas au-delà de la Sebkha au sud et de la forêt de Madagh à l'ouest.


  • D'autre part, ces tribus nomades cohabitaient et commerçaient avec les tribus sédentaires ou sédentarisées qui pratiquaient autour d'Aïn-El-Turck la culture des céréales, des légumes et l'apiculture.


Ces populations sédentaires allaient écouler leurs produits à Mers-El-Kébir et à Oran en passant par la route des Crêtes. Elles les vendaient également aux tribus nomades, mais la plupart du temps, ils troquaient leurs produits contre des ovins se ravitaillant ainsi en viande et en laine.


La flore

En dehors de quelques bois et bosquets se trouvant aux pieds des collines, la végétation était surtout constituée de palmiers nains (doum), les fameux margaillons si durs à arracher et si tendres au cœur, de touffes d'alfa, de diss, de lentisques (énormes sur les dunes), de genêts épineux, de genévriers, de broussailles, de chardons, d'herbes, d'agaves, de roseaux et d'une multitude de fleurs et de plantes sauvages qui servaient aussi de plantes fourragères.

     


Il n'est pas dans mon intention de dresser une liste exhaustive mais simplement de citer quelques spécimens de flore que l'on pouvait trouver dans la campagne aïn-el-turckoise.

Comme arbres forestiers, on trouvait le pin et surtout le thuya au sud du village, sur les flancs et au pied de la montagne.

Les populations indigènes cultivaient quelques arbres fruitiers comme les amandiers, les figuiers, les jujubiers, les grenadiers et aussi de la vigne.



Mais la plante la plus répandue était le figuier de barbarie utilisé comme haie de protection qui présentait le triple avantage :

  • de ne nécessiter aucun entretien,

  • de fournir des fruits,

  • d'assurer une protection efficace de la demeure ou de l'enclos.




On pouvait trouver des plantes comestibles comme une catégorie d'asperge sauvage très verte, des bettes maritimes que l'on appelait les blettes sauvages, des châtaignes de terre, du fenouil, de la chicorée sauvage, du cresson.

On trouvait également beaucoup de champignons mais ils n'étaient pas consommés (d'après les botanistes, on pouvait en dénombrer plus de 30 espèces dont au moins une dizaine était comestible).

Les fleurs et les plantes à fleurs ou a fruits étaient particulièrement nombreuses : les aubépines et les arbouses, les aloès et les asphodèles,  les glaïeuls, les bleuets, les soucis, les boutons d'or, les marguerites et les tulipes sauvages, la vinaigrette, les jacinthes sauvages, l'éphémère coquelicot, la lavande.




L'eau

Il existait dans la plaine, sur le territoire de ce qui deviendra la commune d'Aïn-El-Turck, au moins huit sources :

  • Les deux sources d'Aïn-Ouzel à Cap Falcon,

  • Aïn-Ouansar près de la ferme Emerat,

  • Source de St-Maurice,

  • Aïn-El-Turck,

  • Aïn-Atrouss (ferme Navarre - Clairefontaine),

  • Source Bally (barranco Bouisseville),

  • Source St-Roch (source thermale aux nombreuses vertus.




Il existait bien d'autres sources mais leur débit n'était pas très important, comme par exemple la source St-Cyr (située dans une grotte dans le jardin de la propriété, eau fraîche et excellente, mais peu abondante). C'est au printemps qu'elles ont le plus gros débit.

En réalité, le sous-sol compris entre Aïn-El-Turck et les Coralès, en bordure de mer, ne forme pour ainsi dire qu'une seule nappe venant du pied du Murdjadjo.

La Daya a été pendant longtemps un lac naturel et permanent.

Lorsque les pluies étaient abondantes, toutes les terres avoisinantes étaient inondées mais leur rendement était très élevé.


La faune

Durant de nombreux siècles paissaient tranquillement dans cette plaine des animaux comme les éléphants et les cerfs, les antilopes et les mouflons sur les flancs du Murdjadjo. Les indigènes des temps anciens pouvaient observer sur les rives de la Daya des lions, des tigres, des panthères se désaltérer, animaux que les Romains payaient très cher dans le but de les utiliser dans les jeux du cirque ou pour le supplice de chrétiens préférant le martyre à l'abjuration.

Des colonies de singes vivaient dans les falaises et dans les arbres et venaient souvent chaparder des fruits dans les jardins au grand dam des paysans.

Je rappellerai que tout le flanc de la montagne était envahi par des colonies de singes et que le fort qui fut construit par les Espagnols (en 1503) dès leur première occupation d'Oran pour défendre la ville des attaques de la mer et qui deviendra par déformation le Fort Lamoune, tire son nom de "los monos" (les singes). Il s'appellera Fort de los monos, puis de la mona, puis de la mouna, puis la Moune et enfin, Fort Lamoune.

On trouvait également des sangliers, des chacals et des mangoustes.

      


Les oiseaux aussi étaient très nombreux allant des vautours aux aigles en passant par les mouettes, les moineaux, les chardonnerets, les rouges-gorges et d'autres oiseaux de passage comme les hirondelles, les martinets ou les cigognes.


Aïn-El-Turck dans le passé
Mis à jour le 25/05/2017
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