Aïn-EL-Turck La Plage

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D'une rive à l'autre

AUJOURD'HUI > Lucienne ANIORTE


D'une rive à l'autre

Il m'arrive souvent, tout au bord de la mer
Que ce soit de Marseille, Perpignan, Alicante
Ou d'ailleurs, de rêver que je suis en bateau
Et que je voyage au fil de l'eau, en direction de la rive située
De l'autre côté de la Méditerranée, vers ma douce patrie,
Celle qui berce mon cœur depuis mon enfance.

Le ciel est d'un bleu azur, les mouettes survolent le bateau,
Dans le sillage une horde de marsouins nous accompagne,
Plongeant, refaisant surface avec grâce, pour attirer notre attention.

Je ne suis pas seule, tous les gens que j'aime sont là,
Avec moi, tout près de moi.
Bientôt, nous accosterons sur cette terre africaine.
Nous jubilons, quel bonheur !

Sous peu, Notre Dame de Santa Cruz nous apparaîtra,
Nous approcherons du quai et apercevrons la calère,
Accrochée à la colline, tout de blanc vêtue, avec ses volets multicolores.
Rien n'aura changé !

Puis, nous prendrons la route, tout de suite à droite, à la sortie du port.
Nous traverserons Mers El Kébir, puis commencera la corniche,
Avec ses virages en épingles, le vieux fort espagnol,
Le tournant de l'escargot, le rocher de la vieille.

Nous arriverons à St Roch et apprécierons la plénitude du paysage,
Après la frénésie des lacets endiablés, préoccupés de n'en rater aucun,
La baignade n'étant pas conseillée, du haut de la corniche, la mort est assurée.

Maintenant, c'est trop beau, personne ne dit mot, ne pas perdre un instant,
Admirer le spectacle grandiose qui s'offre à nos yeux.
Dieu quelle merveille, que cet endroit est beau ! La baie nous apparaît,
Dans toute sa splendeur !

Trouville, Bouisseville, Paradis Plage, Clairefontaine, Aïn El Turck,
Et jusqu'à Cap Falcon, les paysages nous enchantent.
Les tamaris, lauriers roses ; les orangers en fleurs embaument l'atmosphère.
La mer est d'un bleu limpide et rejoint le ciel à l'horizon ;

Si nous avions du temps, nous pourrions flâner dans les rues une à une, patiemment,
Pour revoir ces endroits qui nous semblaient banals et qui nous manquent tant.
Ne rien oublier, pas même le gazouillis des oiseaux, qui se délectent çà et là,
De nèfles juteuses et sucrées et de grenades éclatées.

Si nous avions du temps, nous emprunterions la corniche supérieure,
Pour revenir sur Oran, là aussi la vue est magnifique ! Je m'en souviens encore.
Puis, je reprends conscience, que c'est une utopie, que mon bateau n'est jamais parti,
Que mon pays chéri a bien changé et qu'il ne restent beau qu'à mon cœur.

Que mes être aimés ont quitté le navire, il y a bien longtemps et que je suis seule à regarder
Les vagues qui s'en vont vers l'autre rive, emportant avec elles de petits coquillages,
Et quelques grains de sable qui conteront que loin, sur l'autre rivage, il y a quelqu'un
Dont le bâteau n'a jamais pris le large, mais n'a rien oublié de son pays aimé,
De ses beaux paysages qui viennent de défiler et qui lui manquent tant...

Lucienne ANIORTE
Le 18 février 2007


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Mis à jour le 06/10/2018
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