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La mémoire est un gruyère

LE TEMPS D'AVANT > René Aniorté


Le sable blond ou les vagues bleues de nos plages s'éclatant sur le rivage, avant de venir mourir à nos pieds, les roseaux s'agitant au bord des routes, sous l'effet du vent, le ciel bleu sous la chaleur de l'été, les journées se prolongeant avant de céder la place à la pénombre, les matins emplis de chants d'oiseaux célébrant le retour du soleil après la nuit, tout, tout nous rappelle les choses les plus chères qui ne vivent plus que dans nos souvenirs.

Notre mémoire en oublie chaque jour un peu plus, et le temps ne fait qu'accélérer ce phénomène. La mémoire individuelle n'est pas fiable. Elle ressemble au gruyère, et comme lui, plus le temps passe, plus elle se remplit de trous, des trous de l'oubli. La mémoire collective permet d'en boucher quelques-uns et de reconstituer ou ramener les souvenirs dans leur presque totalité. Peu à peu, se reconstitue l'histoire, car chacun apporte sa part de connaissance d'un évènement, quel qu'il soit, beau, bon ou mauvais.

En évoquant des souvenirs, il s'en raccroche d'autres, comme ces wagons constituant les trains. Ainsi, les choses se précisent, prennent tournure, par le simple fait de revenir sur les pans de notre vie ou de celles des autres.

Il en est ainsi lorsque l'on a vécu de longues années ensemble, depuis la maternelle jusqu'au lycée, au service militaire ou dans sa propre vie active avec ses amis d'enfance, en partageant les même joies ou les mêmes trouilles parce que l'on a vécu les mêmes émotions, chanté les mêmes chansons, rigolé aux même bêtises et parfois pleuré devant la tristesse du moment. Quand le bateau s'éloignant lentement de nos côtes, nous emmenait vivre au loin définitivement, dans un nouvel ailleurs où tout recommencerait, en affrontant de nouveaux problèmes, fut un de ces moments d'extrême tristesse !

La Grande-Motte a permis une approche de ce travail de reconstitution de notre gruyère mémoriel. Beaucoup de trous se sont comblés au contact des témoins perdus de vue. De la mémoire ont ressurgi bien des lacunes du passé. Les vides dus aux années se sont lentement comblés. De l'ombre a jailli la lumière et nos retrouvailles se sont transformés en joies présentes ou à venir.

Vive l'Association qui a permis ces retrouvailles et Robert, son principal artisan. Ces réunions nous paraissaient irréalisables, dans le domaine de l'impossible, voila seulement une dizaine d'années, puis le miracle eut lieu !!!!

René Aniorté , le 4 juillet 2011
(La Lettre d'AÏN-EL-TURCK n° 22)

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Mis à jour le 06/10/2018
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